L’Animal un des loisirs de l’homme.

Ecrit par Laura SGARD

La place de nos animaux

 Si on leur pose la question la plupart des gens vous diront que leur chien, leur chat, est un compagnon, un ami et qu’il fait partie de la famille, qu’ils éprouvent de l’amour pour cet animal et qu’ils ne souhaitent que son bien-être. Mais il serait temps d’appeler un chat un chat.

Nous aimons cette façade où l’on reconnait l’animal comme ami de l’homme, les histoires et les films sur le sujet ne manquent pas. Seulement nos amis ne sont ils pas sensés être des individus libres qu’on ne forcera pas à rester auprès de nous ? En effet être libre c’est avoir la possibilité de se mouvoir, de se déplacer ou bon nous semble et vous noterez d’ailleurs que dans tous les films qui nous compte de belles amitiés homme/chien la laisse n’est pas vraiment présente… en effet il ne me semble pas avoir beaucoup vue Lassie, Croc-Blanc, Belle ou Bailey en laisse la plus part du temps… Pourquoi ? La relation serait-elle suffisamment crédibles à vos yeux si ces héros avaient été attachés ?

Le concept de liberté est également de n’appartenir à personne. Avouez qu’il y a déjà un hic dans notre belle image du chien  « membre de la famille » qui doit rester à « sa place », faire son pipi quand nous l’avons décidé, exécuter nos « ordres » et subir toutes les contraintes de nos propres vie. Notre ami à quatre pattes si chère à notre cœur se retrouve en fin de compte avec le statut d’esclave dont nous sommes d’ailleurs les « maîtres », nous jouissons de leur sort de la même façon, du moins dans les termes,  ça correspond parfaitement.

Après la vie réelle n’est pas aussi simple qu’une définition dans le dictionnaire mais il est important selon moi de prendre conscience que nos animaux de compagnie ne nous doivent rien et que nous leurs imposons une vie qui souvent  ne leur correspond pas.  Ce « chien ami » qui passe sa vie dans un espace clos à raison de trente pauvres minutes de sortie par jour (s’il a la chance de les avoir ! ) reste finalement un de nos objets de loisir pour qui la vie est parfois bien triste et ennuyeuse.

dobbie

Libéré, délivré…

Parce que dans notre société il devient habituel de se décharger de toute responsabilité lorsque l’on agit pour « la sécurité », je souhaitais aborder ce sujet par rapport à nos animaux de compagnie. De plus en plus « la sécurité » prend la place du « bien être » et avec bonne conscience on fait encore et toujours de l’animal un objet, un loisir, une activité. Il nous reste encore du chemin à parcourir pour avoir une certaine prise de conscience vis à vis des animaux qui partagent notre vie.

La liberté me semble être déjà un premier pas vers « le libre choix » et le bien-être. La plus part des chiens ont déjà une vie ennuyeuse au possible, lui proposer cette alternative c’est le considérer comme autre chose qu’un simple objet de loisir. Cela semble simple et évident mais beaucoup trop d’animaux de compagnie passent leur existence privés de liberté, du cheval enfermé seul dans son boxe au chat d’appartement il y a de quoi se poser des questions sur cet « amour » inconditionnel que soit disant nous leurs portons. De la même façon que l’on rend un chien réactif et conflictuel avec ses congénères en l’empêchant d’avoir des contacts, on peut rendre un chien allergique au « rappel » parce qu’on l’empêche d’explorer.  Article de l’empreinte : Le rappel, notre plus grosse faiblesse

J’entends déjà le ton stressé des propriétaires de chiens  « chasseurs » me dire :

« Moi je ne peux pas le lâcher sinon il se sauve ! « .

Premièrement ce n’est pas parce qu’un chien part en chasse qu’il se sauve, d’ailleurs sans vouloir en rajouter une couche, on entend plutôt ce terme lorsque l’on parle d’un individu captif.  Votre chien chercherait donc à vous fuir ?

« Mais s’il va vers une route il pourrait mourir ! »

Oui c’est vrai. Comme tous les animaux du monde qui se promènent librement.

Avant de me diaboliser complètement en pensant que j’aime croiser des chiens écrasés sur le bord des routes, sachez qu’il y à 3 ans j’ai adopté un chien loup croisé husky qui m’a fait de nombreuses frayeurs et m’a également fait revoir ma vision du chien.  

Le risque zéro n’existe pas et c’est la règle essentielle à comprendre pour pouvoir vivre pleinement sa vie. Le chat lui se promène en liberté dans la rue et cela ne nous empêche pas de dormir (si parfois ils nous font du bruit c’est vrai… ), en espérant que rien ne change car la mode du chat « enfermé » ou en « laisse » par sécurité a déjà commencée. La sécurité reste finalement la meilleure excuse que nous trouvons pour contrôler et parquer systématiquement nos animaux, mais ne parlons nous pas de sécurité pour nous donner bonne conscience lorsque nous privons nos compagnons de leurs besoins fondamentaux pour notre propre confort émotionnel ?

Je t’aime donc je t’empêche…

Force est de constater que nous avons du mal à « coupé le cordon », nous avons systématiquement besoin de les avoir en visuel, de savoir ce qu’ils font et d’y mettre très souvent des limites.

Que l’on soit bien d’accord : mettre une friandise devant le nez d’un chien ou utiliser son « toc » de prédation avec un jouet afin de le détourner est aussi une façon de l’empêcher de vivre normalement.

Il est donc clair que nous avons un sérieux problème de contrôle et nos chiens un problème de libre choix. Par peur et méconnaissance nous n’acceptons désormais  pas / plus  leur communication de chiens (oui grogner, prendre en gueule font partis de leur communication ) ni leurs besoins fondamentaux ce qui nous amène finalement à des soucis conséquents de comportement.

Les demandes de l’humain

Si on creuse un peu on se rend vite compte que les activités canines par exemple sont surtout des « loisirs » d’humains avant d’être des loisirs de chiens. Si demain je vous propose l’activité  » trouver la plus grande flaque de boue pour se rouler dedans et recouvrir sa propre odeur…  ou encore marqué deux fois de suite chacun des pipi du chien du voisin autour de la maison… » pas sur que vous soyez partant, pourtant votre chien serait ravi lui d’utiliser son nez pour trouver une eau croupie dans laquelle il pourra se baigner ou de passer une plombe à marquer toute la rue sans qu’on le tire pour qu’il avance plus vite.

Il est évident que de vouloir pratiquer des activité avec son chien semble être une belle initiative mais soyons honnête ces activités sont d’abord pour nous et non pour lui. Le chien n’a pas besoin de faire du cani-cross pour se muscler, se fatiguer s’il est promené correctement. Il n’a pas besoin de faire de recherche, ni d’agility pour pouvoir courir, sauter et utiliser son nez car toutes ces activités se retrouvent durant la balade exploratoire  si elle est bien faites et ajusté à ses besoins, également lors des rencontrent avec ses congénères. Et pour ce qui est d’apprendre à un chien de famille à mordre tenir et secouer dans un « sport » de mordant, je crois qu’il y a de réelles incohérences à renforcer les déviances génétiques de ce qui nous sert aujourd’hui de chien domestique, et ce discours vaut pour toutes les races.

Le message ici reste « comblez déjà ses besoins de chien « , pensons donc un peu à lui au lieu de ne penser qu’à nous. ( à lire :  Article de Nicolas Cornier, La solution est dans la promenade. )

Pour finir on pourrait simplement parler du contact homme chien, de ce besoin insatiable qu’ont les gens de vouloir toucher, shampouiner, tripoter les animaux domestiques. Lorsque vous rencontrez quelqu’un que vous trouvez beau, mignon, bien habillé…  Lui demandez vous s’il est possible de le toucher ou de le caresser ( en imaginant qu’il ai aussi les cheveux très doux et pelucheux ) ?