Revoir sa priorité en éducation canine.

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Revoir ses priorités en éducation canine

Aujourd’hui la culture chien est au contrôle et à « l’obéissance respectueuse », mais encore bien loin du chien sociable et bien dans sa tête. Les méthodes d’éducation canine dites positives très en vogue vendent cette belle image du dressage respectueux pour un chien motivé et non contraint, sensé être heureux d’apprendre le « assis ». On parle de coopération, de motivation et de valorisation des bons comportements. En opposition aux méthodes traditionnelles qui dressaient votre chien à coup de collier chaînette ( l’humain se fâchait et le chien subissait… ) on a clairement fait un pas en avant et tout doucement les choses s’améliorent.

On ignore donc les comportements déplaisants et on valorise les comportements qui nous conviennent dans des situations où le comportement du chien peut être problématique. Seulement voilà, le respect ce n’est pas seulement une absence de punition ou bien de contrainte physique. Ce qui me pose souci ici, c’est qu’avec ou sans contrainte, les réponses canines qui conviennent  à la société sont toujours les mêmes, c’est-à-dire le désintérêt de l’environnement.

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Car on se plait beaucoup à regarder passer un chien « au pied » devant d’autres chiens, les yeux rivés sur son humain à attendre un ordre, une demande ou une récompense… Parce que cela reste plus pratique et facile, on « entraîne » souvent le chien à oublier son environment en lui apprenant des tours dépourvus de sens, oui j’ai bien écris dépourvus de sens. Parce que fixer un individu dans les yeux, s’asseoir, se coucher lors de situations stressantes ou inconfortables et même pire, ignorer le danger, sont des comportements absurdes et non naturels.  Au lieu de leurs proposer des apprentissages utiles, on les dresse pour que sur commande ils ne nous posent pas de problèmes. Alors bien sûr on a changé notre façon de le demander, ou plutôt de l’obtenir. Mais si on veut réellement parler de respect et de bien-être il serait temps d’adapter aussi nos demandes d’humains à leurs besoins de chiens. Est-ce si difficile ? 

Assis ? Au pied ? Pas Bouger ? Avons nous vraiment besoin d’un tel contrôle pour que notre compagnon s’adapte à notre société ? Ok on ne se fâche plus c’est formidable, le modèle reste pourtant le même :  écoute le « maître », oublie tes trucs de chien ! En moins marrant et traduit autrement j’entends : désocialisation et  inhibition. De vilains termes qui ne s’accordent pas du tout avec l’image qu’on a de l’éducation positive.

Apprendre sans comprendre 

En plus de cela, lorsque le chien est systématiquement contrôlé, il ne sait plus réfléchir pour prendre des décisions, faire des experiences et en déduire des choses utiles. Et encore plus malheureusement presque personne ne voit cette « absence » de raisonnement (parce que dans notre monde le chien qui rapporte la balle ou qui marche sur ses pattes avant paraît plus intelligent que celui qui vous largue en balade et vous attend à la voiture…).

Il reste tout de même des situations où l’on ne peut pas « camoufler » cette absence de vécu, la communication avec les congénères. J’ai mal au cœur à chaque fois que je reçois un chien sur le terrain complètement absent de la situation, les yeux rivés sur ses humains, sur un bâton ou sur des mains glissées dans les poches, dans l’attente d’une demande pour savoir comment se comporter et comment obtenir de la nourriture ou de l’adrénaline via du jeu d’excitation. Non il n’est pas motivé à jouer ou à travailler, il est juste incapable de se comporter comme un chien de façon naturelle et saine.

Pour en voir passer régulièrement, en principe ce genre de chien rencontre des soucis de communication avec ses semblables canins, tout simplement parce qu’attendre une indication de l’humain sans tenir compte de l’environnement n’est pas un comportement normal, le contact congénères pose alors quelques difficultés à ces chiens très conditionnés.

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Petite expérience vécue avec Hewon, mon Husky Sibérien, lors d’une prestation sur un salon : 

Sur les lieux il y avait plusieurs professionnels avec leurs chiens et nous rencontrons donc un Berger australien mâle non castré d’environ 4 ans, « toqué » de la balle ( malheureusement ), sans laisse évidement puisque son attention était uniquement focalisée sur le jouet. Ce chien n’est donc même pas venu se présenter et a continué à suivre sa balle dès qu’un humain acceptait de taper dedans. Hewon a légèrement tiqué puis est passé à d’autres odeurs plus intéressantes. Une personne à ensuite tapé dans cette fameuse balle qui est passée à ras de mon chien… Suivi du Berger australien ! Ce chien complètement absorbé par sa poursuite a foncé en ligne droite sur Hewon pour aller chercher l’objet « maudit » ce qui lui a valu une réponse très agressive du mien. 

A votre avis qui s’est fait lyncher dans cette histoire ?  Le méchant Husky aurait donc agressé sans raison le pauvre Berger australien qui ne faisait que s’amuser avec sa balle.. Ou plutôt un chien dépourvu de communication et désocialisé qui ne prend même pas en compte les signaux et le langage de sa propre espèce, qui engendre un conflit par son seul manque d’adaptabilité en se ruant sur un congénères auquel il ne s’est même pas présenté afin d’attraper un objet en plastique… Car en chien, courir en ligne droite de façon déterminée sur un congénère cela s’appelle « une charge » et peut être perçu comme une agression . Hewon est loin d’être un pacifiste et il est vrai qu’il a le grrr  facile, son niveau de tolérance n’est clairement pas sa plus belle qualité, par contre il sait très bien le faire comprendre de loin.

Car un chien qui arrive à toute vitesse mettra forcément les autres chiens en inconfort et selon les individus cet inconfort sera exprimé différemment. Ce jour-là, l’inconfort d’Hewon s’est exprimé par une dissuasion un peu brutale du fait qu’il était en laisse, pour autant personne n’a été capable de comprendre que le chien à problème sur ce stand n’était pas celui qui avait « râlé » mais plutôt celui qui ne savait pas se présenter, ni communiquer. Ce chien travaillait en méthode positive, au clicker, il était capable de faire bien des choses contre un lancé de balle où un bonbon mais pas de se présenter correctement à un congénère.

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Le respect du chien

Ma question est  « Est ce que cela est respectueux  » ?  De laisser un chien focalisé sur sa balle parce que cela est « arrangeant » ( il ne s’occupe pas de l’environnement…) ? Est ce que cela est respectueux de laisser un chien s’enfermer dans un circuit de prédation et de se servir de ce TOC pour ses propres priorités ? Et sans même aller jusqu’au chien dépendant, le simple fait de toujours vouloir détourner nos compagnons canins de ce qui les intéressent montre bien que nous ne sommes pas prêt à nous adapter à eux, car nous ne voulons pas prendre la peine de comprendre le monde d’une autre façon que la nôtre.

Est ce qu’il est respectueux d’apprendre aux chiens à ne pas « regarder » leurs congénères lors des croisements ?  Je pense évidement au « look at me », cet exercice qui consiste à entraîner le chien à regarder son humain, souvent pour passer sans souci devant des stimulations qui le mettent en inconfort ou dans en état d’excitation, encore une fois parce que ces situations ne sont pas pratiques pour nous « humains ». On respecterait donc nos chiens en leur faisant oublier ce qu’ils sont pour correspondre plus facilement à notre société et à nos besoins ? Quand on me parle du clicker, on me dit souvent « oui mais c’est le chien qui propose donc c’est son libre choix », sauf que le chien propose ces comportements non naturels parce qu’ils ont déjà été renforcés en amont, aussi parce que finalement lorsqu’on les met « au travail » en éducation au bout d’une laisse en statique, il n’y a pas grand chose d’autre à faire que de donner des réponses aux humains contre quelques friandises, donc « Look at me » car je suis ta seule réponse possible.

La vérité la plus triste dans tout cela est qu’on attend finalement beaucoup de nos animaux en leur donnant très peu sans même parfois s’en rendre compte. La plupart de nos attentes ne correspondent pas à leurs besoins et l’image de l’animal heureux est souvent faussée et mal comprise. Nous entendons par là « soins, confort, alimentation de qualité… » mais on pense rarement à la qualité de vie en général, la qualité des contacts sociaux qu’ils soient avec les humains ou les congénères, des activités saines et naturelles qui comblent leurs besoins fondamentaux. Parce qu’un chien excité n’est pas forcément « content », il serait temps de penser à leur offrir déjà une heure de promenade par jour avec du libre choix, de nouvelles odeurs et des contacts congénères avant de vouloir en faire des champions d’agility, de cani-cross ou des chiens de cirque.

Pour conclure, lorsque je vois un chien marcher sur ses pattes avants en faisant du slalom pour ensuite aller s’enfermer lui même dans une valise, je me demande ce que ferait ce même chien pour s’adapter à ses congénères ou à une situation complexe, si on lui demandait un « pas bouger » au milieux d’une départementale… Serait-il seulement capable de regarder autour de lui pour sauver sa vie ? Oui l’exemple est atroce mais prend tout son sens étant donné que vous savez et que je sais qu’un bon nombre de chiens « éduqués » et sensés être ajustés à notre monde d’humains finiraient en crêpe.  Et nous aimons cela, je ne parle pas des crêpes mais du contrôle, la plupart des gens aiment être « écouté au doigt et à l’œil » et si en plus cela paraît respectueux parce qu’on paye le chien en friandises, alors tout va bien dans le meilleurs des mondes.

C’est bien pour cela qu’on met parfois du temps à entendre le message, remettre en question tout son fonctionnement avec le chien est forcément difficile. Certains ne l’entendront peut-être jamais, d’autres laisseront tomber leur balle pour tenter d’observer leur compagnon au naturel, pour ce qu’il est et non pour ce qu’ils aimeraient qu’il soit.

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LE BLOG DE L’EMPREINTE

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Le rappel, notre plus grosse faiblesse.

Le rappel.

Notre plus grosse faiblesse.

« Le rappel » est un exercice très connu et incontournable lorsqu’on souhaite éduquer son chien. Tout le monde (ou presque) semble d’accord pour dire que cette action doit être systématiquement positive et agréable pour le chien, que l’on doit toujours utiliser les mêmes codes afin de rendre ce signal clair pour notre compagnon et que cet exercice doit être demandé et récompensé régulièrement, même lorsqu’il n’y a pas de stimulations dans l’environnement.

Cela paraît clair et limpide quand on le réduit en un paragraphe, mais une fois mis en pratique pour les propriétaires de chiens c’est tout sauf simple, un mélange de stress et d’autorité pour certains, pour d’autres une agitation excessive visant à interpeller le chien par tout les sons et mouvements possibles, quand d’autres encore utiliseront la « carotte » en échange du retour de leur dit compagnon…

Et quand on demande aux propriétaires de chiens ce qu’est un rappel les mêmes mots reviennent systématiquement

ordre / commande / urgence / immédiat / rapide / jusqu’à nous / au pied…

En effet aujourd’hui le rêve des propriétaires de chiens serait un retour quasi immédiat de leur compagnon lors d’un signal donné. En vérité pour la plupart, nos « rappels » sont très aléatoires et absolument pas instantanés… Parfois même un échec absolu. Il serait peut-être temps alors d’ouvrir les yeux et de se poser les bonnes questions pour comprendre pourquoi cette « demande » est si compliquée à obtenir de nos compagnons.

Je dis « demande » sauf qu’étrangement cette interrogation « positive » passe très vite à l’impératif lorsque le chien traîne les pattes alors qu’on lui a déjà demandé plusieurs fois de retourner vers son humain.

Qui ne s’est jamais senti irrité d’être totalement snobé par son compagnon à quatre pattes lors d’un rappel ? Qui n’a jamais haussé le ton parce que ça n’allait pas assez vite, parce que dans cette situation là ce n’était pas « pratique » ou parce que ça en devenait même « dangereux » ?

Rapide, au pied, urgent…  Voilà pourquoi le « rappel » reste tant problématique.

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Notre monde bien loin du sien…

Ce que j’entends le plus souvent : « Dès qu’il voit un chien je n’ai plus de rappel, il faut absolument qu’il y aille… » 

Le chien est un animal social et a besoin d’entretenir des interactions avec ses congénères pour être parfaitement épanouis. En effet lorsqu’il manque de contacts et de rencontres il devient souvent très réactif aux croisements de congénères ce qui explique pour beaucoup de chiens  l’inefficacité totale du « rappel » en présence de leurs semblables canins…

Pourtant j’ai régulièrement des demandes pour travailler ce fameux « rappel » avec des chiens sociables qui croisent très régulièrement des congénères et ont des contacts libres avec eux. Pour ces chiens là le rappel est aussi un problème… Et si de temps en temps il nous venait à l’esprit de regarder notre monde avec leurs yeux ? Et si ce besoin de « rappel » jusqu’à nous était en vérité  l’origine de nos problèmes ? Et si on arrêtait tout simplement de rappeler nos chiens a la moindre stimulation ?

J’entends déjà les adeptes de la bonne intégration en société m’expliquer qu’il n’est pas sécuritaire ni courtois de laisser nos compagnons aller voir tous les chiens que l’on croise… Sauf qu’avant d’entrer dans un débat de liberté qui s’arrête là où commence celle des autres il faudrait se demander si nos chiens ne sont pas tout simplement sensibilisés dès leur plus jeune âge aux croisements de congénères par « le rappel » et les manipulations habituelles et stressantes qui l’accompagnent. Une alerte de notre part qui finalement les rend réactifs à ces croisements .

Car le premier à réagir démesurément à la vue d’un autre chien ce n’est pas le chiot récemment adopté mais bien ses humains. Le fait est qu’en rappelant nos chiens, en les attrapant pour les attacher, en les dupant , en essayant de troquer leurs envies contre des jeux d’excitation ou bien des bonbons, on rend les croisements de congénères tout sauf « banales ».

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La liberté n’a pas de prix…

Mais pourquoi avons-nous besoin d’un rappel « rapide » et « au pied » ? La vérité est que par le rappel nous voulons empêcher systématiquement quelque chose. Vous pourrez toujours lui donner un morceau de saucisse pour vous donner bonne conscience…  Le rappel n’en reste pas moins une laisse invisible, une pression permanente qui tombera sur nos chiens à la moindre distraction, à la moindre nouveauté dans l’environnement. Pourtant lorsque l’on parle des besoins fondamentaux du chien on parle principalement « d’exploration ».

Exploration : Action de parcourir un lieu ou une région inconnue afin de recueillir des informations.

Nous laissons donc nos chiens explorer… sous la pression imminente d’un éventuel « rappel ». Au moindre congénère inconnu, au moindre croisement sans visuel, l’ordre tombe et le chien devra alors revenir vers sa laisse. Accompagné ou non d’un bonbon, d’une caresse ou d’un signal vocale des plus aiguë, une laisse restera toujours une laisse et être attaché n’a jamais été positif pour personne.

De plus nous empirons les choses en essayant de les duper, de les conditionner, d’échanger leur motivation contre une autre :

« Ne va pas voir le chien et je te donnerai une friandise. »

Cette phrase ne vous semble-t-elle pas absurde ? Et pourtant j’ai commencé comme beaucoup d’éducateurs à apprendre le rappel aux chiots en utilisant la nourriture et à jouer au dangereux jeu du concours des motivations. Mais c’est en utilisant pleinement une méthode qu’on comprend alors ses failles et qu’on peut ensuite réfléchir dessus.

 « Apprendre le rappel » ? …  Et si on parlait plutôt de lien.

A cause de ce besoin de contrôle, aujourd’hui l’éducation du chien prend souvent la forme de mise en pratique « d’exercices » à répéter. Le chien doit s’améliorer et trouver les « bonnes » réponses pour obtenir des récompenses, que celles-ci soit sous forme de nourriture, d’excitation ou de permission.  Car en effet détacher son chien  en « éducation canine » est en principe considéré comme une recompense. Quand la liberté devient une monnaie d’échange doit on vraiment se demander pourquoi le chien ne revient plus vers ses humains ?

Entretenir le lien avec son chien est la première chose à intégrer pour obtenir une communication saine et harmonieuse, pour cela il est impératif de respecter son chien et ses besoins. Respecter son compagnon c’est quoi ?  Ce n’est pas lui donner des friandises et lui apprendre des ordres sans se fâcher… C’est comprendre qui il est et de quoi il a besoin, si vous comblez ses besoins vous marquerez des points et votre chien sera plus détendu en général (donc vous aussi). Il est également important de soigner vos interactions, si elles sont plus souvent désagréables et que vous passez votre vie à crier, à le contrôler avec ou sans bonbons, en promenade vous serez donc la dernière de ses priorités.

Il faut comprendre que le chien n’a pas vos priorités (la pluie, le temps, la politesse, la sécurité…) et que le rappel « instantané » ne sera jamais quelque chose de naturellement possible pour lui. Par contre ce qui est naturellement possible pour lui, c’est de vous suivre et de rester attentif  à vos changements de direction entre deux odeurs, sachant que le verbal est loin d’être la communication qui lui « parle » le plus.

En résumé votre rappel, c’est tout simplement la representation de votre lien et ce lien passe par les interactions, la communication que vous entretenez avec lui et les soins quotidiens que vous lui apportez (nourriture, sécurité, promenades…) en gros la qualité de vie .

Quelques conseils pour garder son chien « avec soi » en promenade :

  • Ne lui parlez pas tout le temps :  En effet si vous appelez sans cesse votre chien vous allez tout simplement l’ennuyer, certains chiens attendent parfois 8h seul à la maison et le moment de la promenade est donc sacré. Laissez le faire tranquillement ses affaires de chiens, il sera d’autant plus disponible quand vous aurez besoin de lui demander quelque chose. Enfin s’il part loin et qu’il entend votre voix cela n’en est que plus confortable pour lui car pas d’inquiétude, il sait ou vous êtes ! Arrêtez donc de l’appeler et  faites demi-tour quand il part trop loin si le lieu de balade le permet.
  • Adaptez votre gestuelle et vos déplacements : En chien se mettre de face fixement est tout sauf une invitation à revenir rapidement… Pensez à vous tourner (de profil ou de dos) lorsque vous souhaitez le faire revenir vers vous. Si votre chien ne prête d’attention à votre demande vous pouvez vous déplacer  (et sans parler svp) plus vous le ferez, plus votre compagnon sera attentif à vos déplacements. Pensez également à vous détourner des stimulations rencontrées si vous souhaitez que votre compagnon s’en désintéresse. Si vous êtes tourné vers quelque chose ou que vous le regardez (exemple un autre chien) vous enverrez probablement votre chien dessus sans même le vouloir.
  • Garder sa confiance en restant respectueux : Si votre chien n’a pas confiance il ne risque pas de revenir vers vous ni de répondre à vos demandes. Pour cela il est impératif de ne pas « duper » ou « attraper » son compagnon pour le rattacher. Certains chiens finissent même par évaluer la distance qu’ils doivent garder avec leurs humains pour ne pas se faire « attraper ».

Viens ici ! « Oui mais pour quoi faire ? »

Au delà du fait qu’il est souvent accompagné de manipulations désagréables et qu’il freine systématiquement les découvertes de nos compagnons canins, « Le rappel » est probablement la demande la plus utilisée par les propriétaires de chiens. Il est utilisé tout le temps et pour tout.

Pour qu’il n’aille pas voir les gens, pour qu’il n’aille pas voir les chiens, pour éviter qu’il se salisse, pour qu’il ne mange pas  des saletés,  pour qu’il n’aille pas trop loin, pour qu’il arrête d’aboyer, pour ne pas qu’il aille sur la route, etc.

Pourtant il est possible d’inculquer d’autres apprentissages moins contraignants que le retour vers l’humain. Vous pouvez demander par exemple à votre chien de « laisser » quelque chose ou encore de rester aux alentours, de vous attendre, de remonter sur le trottoir. Vous pouvez aussi lui apprendre à supporter la frustration et à gérer son excitation en présence des stimulations habituelles de la promenade à l’aide d’une longe par exemple… Ici vous trouverez un excellent article pour vous aidez à gérer l’excitation de votre compagnon : Les autocontrôles

En bref variez vos demandes, réajustez vos exigences, adaptez votre gestuelle et votre chien reviendra beaucoup plus naturellement vers vous ou plutôt il fera sa promenade « avec vous ».

Petite dédicace à Marley « Blanc » notre dalmatien sourd et à Amélie sa propriétaire, un duo qui fonctionne mieux que tous les autres avec une communication non verbale et donc un rappel possible uniquement quand le chien se retourne pour regarder son humaine… à méditer.

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Article réalisé et édité par L’Empreinte éducation canine en Mars 2016

Merci à Nadine Chastang de m’avoir ouvert les yeux sur le chien. 

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 Après plusieurs plagiats on se protège ! Avis aux « pilleurs »: Ce site est protégé par les lois du copyright. Il est strictement interdit de reproduire ou traduire sous un quelconque support (presse, site internet, livre, manuel, application, logiciel, etc.) un quelconque élément de ce site, sauf « courte citation ». 

Socialiser son chien avec ses congénères.

Socialiser son chien avec ses congénères :

  La socialisation est un besoin…

La socialisation c’est le fait d’apprendre et d’intégrer des codes sociaux : Être « social » c’est entretenir des relations entre êtres vivants, relations relatives à une société ou une communauté. Un chien socialisé correctement saura communiquer (comprendre et se faire comprendre) avec ses congénères. On parle alors de socialisation intra-spécifique (au sein d’une même espèce). Avec les autres êtres vivants, on parlera de socialisation inter-spécifique (entre espèces).

Le chien est un animal social et il est extrêmement important pour lui d’avoir des contacts réguliers avec d’autres chiens. Il est donc indispensable de bien le socialiser avec ses congénères. Or les maîtres manquent en principe cruellement d’informations sur la communication canine et ne savent pas toujours gérer les rencontres. De plus beaucoup d’acteurs du monde canin ne se mettent pas à jour sur le comportement et donnent des informations et conseils erronés.

Des conseils à déconseiller

En effet il existe encore des vétérinaires qui expliquent que l’agressivité entre chiens est du à un rapport de dominance. Des éducateurs qui se disent comportementalistes canins peuvent également tenir ce discours par manque de formation et d’ouverture.chien-dominant

On vous dira alors qu’il faut sanctionner le chien et le remettre à sa place pour corriger son comportement. En vérité les sanctions physiques et menaces verbales répétitives en présence de congénères augmenteront son anxiété et inhiberont complètement sa communication, à tel point qu’il ne sera plus capable de communiquer normalement avec son espèce. Attention, les moniteurs de clubs canins se permettent aussi souvent de donner des conseils en comportement, il faut savoir qu’ils ne sont pas formés pour cela.

Une enquête de One-Voice nous à d’ailleurs dévoilée les maltraitances appliquées par ces « méthodes » coercitives : « La violence du dressage dévoilé ».

Le chien dit « agressif » avec les autres chiens chercherait donc toujours à affirmer sa place de dominant pourtant « il ne s’agit pas d’un caractère fixe, ni d’un trait de tempérament. » Ce qu’on appelle rapport de dominance est le résultat d’une interaction sur un élément de convoitise (Ressource). Ex : Nourriture, reproduction, jouet etc…

Enfin un rapport de dominance n’est pas systématiquement exprimé par des comportements agressifs.

Des contacts réguliers, oui mais pas au bout de la laisse.

Votre chien a besoin de voir des congénères… Pour interagir avec eux et entretenir sa communication. Il faut faire la différence entre un croisement de chiens en laisse qui ne permet pas ou très peu d’interactions et une rencontre libre (éventuellement en longe) où votre compagnon aura le temps de « parler chien ».

De plus la rencontre en laisse est très inconfortable pour votre chien car celle-ci ne lui permet pas de se dérober/s’éloigner s’il est en inconfort. Le chien démontrera donc plus facilement de l’agressivité parce qu’en vérité il se sent coincé et obligé de faire face à la situation.

A savoir : Les tensions sur la laisse influencent énormément le comportement de votre chien lorsqu’il rencontre un congénère. Si votre chien est très nerveux lors des croisements il est conseillé de prendre de la distance afin qu’il puisse analyser sereinement le chien qui passe, d’attendre qu’il vous suive de lui même sans tirer sur sa laisse, de la détendre au maximum si la rencontre venait à se faire.

Le chien méchant

J’entends souvent dire entre les propriétaires de chiens « Il est gentil votre chien ? »

Le comportement social du chien n’a rien à voir avec le fait qu’il soit gentil ou méchant. La réactivité de votre compagnon peut avoir plusieurs causes : la peur, le stress, une mauvaise communication, une forte excitation…

-La peur des congénères : Un chien mal socialisé n’aura pas forcement l’habitude de voir d’autres chiens et ne saura pas bien se comporter avec eux. Ce qui peut provoquer du stress ou de la peur d’où la réaction agressive visant surtout à dissuader l’approche d’un éventuel congénère.

-La gestion de l’émotion et de la frustration : Certains chiens ne savent pas gérer leurs emotions et montent très vite en excitation. Lorsque votre chien est très nerveux il n’analyse pas correctement les messages du chien en face et peut déborder : mordre trop fort, être trop brutal dans son approche.

Le manque de contacts pourra également provoquer une telle frustration que votre chien adoptera un comportement très nerveux et excité à la vue d’un autre chien. Son comportement pourra donc vous paraître « agressif ». Un chien qui ne supporte pas la frustration pourra également être très harcèlent avec ses congénères et ne pas supporter qu’un chien lui dise « Non » et donc démarrer une bagarre.

-Une mauvaise communication : Un chien qui ne communique pas correctement aura souvent des interactions conflictuelles avec les autres. En effet s’il n’est pas respectueux de ses congénères et s’il ne comprend pas la communication que lui propose le chien en face cela pourra facilement tourner au conflit. Enfin le chien ne grogne ou n’agresse pas par méchanceté, ces attitudes font partis de leur communication de chien. De la même façon qu’un enfant pourrait dire « Non », crier, pousser puis taper pour signaler son inconfort (ou sa frustration…).

A savoir : Les jeux excitants de courses, de lancés, de balles ou bien de tiraillements nourrissent le besoin d’excitation (et les instincts de prédation) quotidien de votre chien. Plus vous l’encouragerez à s’exciter plus il en aura besoin et le recherchera. Un chien n’a pas besoin de s’exciter pour être épanoui.

De bonnes interactions pour une bonne communication.

Pour développer ses « codes canins » votre compagnon doit faire des rencontres enrichissantes dans un but d’apprentissage. Les chiens ont une communication particulière et seule la rencontre régulière d’individus différents peut entretenir cette communication. Un chien qui communique correctement est un chien qui sait s’adapter et proposer différentes réponses. Prendre le temps d’analyser l’individu qu’il y a en face pour lui proposer un comportement approprié et adapter son approche me semble être le plus important des apprentissages.

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Exemple : Certains chiens ne sont pas commodes voir tendus… Ils ne veulent pas jouer ou s’exciter et ne souhaitent parfois même pas entrer contact. Le message sera envoyé de loin par la posture qu’ils adopteront face aux autres chiens. Arriver en ligne droite à la vitesse d’un missile n’est probablement pas la meilleure réponse à proposer dans ce cas là. De ce fait en proposant des réponses inadaptées le chien pourra se mettre dans des situations inconfortables voir dangereuses.

On confond souvent jeu et excitation. Lorsqu’il est en état d’excitation votre chien n’est pas capable de réfléchir à ce qu’il fait et en principe ne se rend pas compte de ce qu’il se passe autour de lui, souvent dans ces conditions le rappel du propriétaire est inefficace. Il est normal qu’un jeune chien propose de l’excitation mais il est important qu’il apprenne à se maîtriser et se poser pour pouvoir respecter ses congénères. Le jeu a toujours un but d’apprentissage et peut se faire calmement, au sol par exemple. En aucun cas la course de prédation et la brutalité ne sont appropriées dans une rencontre.

Apprendre les bons comportements avec les bonnes rencontres :

Entre chiots on apprend pas à parler chiens…

Pour apprendre à un chiot comment se présenter et interagir correctement avec ses congénères il est logique de lui présenter des chiens matures qui savent déjà communiquer et de ce fait qui sont … adultes !
Beaucoup de personnes pensent qu’il faut mettre les chiots et les jeunes chiens ensembles pour les socialiser… Pourtant c’est une grosse erreur. Dans une portée certes, les chiots restent ensembles mais la plus part du temps sous l’œil avisé de la maman qui gère les comportements de la fratrie.
Laisseriez-vous une cour d’école sans maîtresses ni surveillants ? Il est normal que les individus matures éduquent les plus jeunes. Il n’est donc pas très intéressant pour un jeune chien de ne rencontrer que des camarades de son âge avec lesquels il va s’exciter.

Je conseille d’ailleurs de présenter plus d’adultes (calmes) que de jeunes la première année de vie du chien. Il apprendra ainsi le respect de l’autre et sera capable de proposer d’autres réponses que l’excitation lors de ses rencontres canines.

Voir l’article de chiens des villes : Mon chien ne sait pas parler chien…

Socialiser ce n’est pas dresser…

La socialisation par l’Obéissance est couramment pratiquée en club canin : On apprend au chien à rester au pied, à ne pas chercher le contact avec les congénères présents sur le terrain. Les exercices les plus courants sont le « Pas bouger » pendant qu’un autre chien passe à coté ou bien le « Au pied » collé au maître pendant les croisements. En aucun cas ces exercices ne socialisent votre chien. Au contraire sur un chien peu socialisé il peut provoquer un état émotionnel très inconfortable, le chien pourra monter en frustration ou encore développer du stress en présence de congénères. Sinon il apprendra à ignorer la communication des autres chiens et se « dé-socialisera ».

Si en plus les méthodes d’éducation sont coercitives (par la contrainte), par exemple en utilisant des outils comme le collier à chaînette étrangleur (dit de travail), votre chien développera sûrement de l’agressivité envers ses congénères voir envers les personnes.

Beaucoup de mes clients souhaitent apprendre à contrôler leur chien parce que celui-ci n’est pas sociable et qu’ils rencontrent des problèmes en promenade lorsqu’il y a d’autres chiens. En vérité il est bien plus agréable de se promener avec un chien sociable qu’avec un chien « Au pied », agréable pour vous, mais surtout pour votre chien, qui lui a véritablement besoin de contacts canins.

Parler chien pour vivre chien

Socialiser votre compagnon correctement avec ses congénères quel que soit son âge et son vécu lui permettra de vivre sa vie, d’être libre et d’être bien dans ses pattes. L’habituer à notre monde d’humain en lui montrant un maximum de choses (on parle alors de familiarisation) fera de lui un compagnon sociable et sur de lui. Ajoutez à cela une éducation respectueuse de son bien être avec des méthodes douces qui vous amènent à mieux le comprendre et il pourra vous suivre partout. Socialisez le dans de bonnes conditions en choisissant de lui présenter des congénères adaptés aux apprentissages dont il a besoin. Contactez un professionnel qui utilise des méthodes respectueuses de l’animal si vous avez du mal à le comprendre et à gérer les rencontres avec les autres chiens. Eviter les méthodes coercitives et les éducateurs qui ne vous parlerons que de dominance et/ou de control même en « éducation positive ». La socialisation du chien n’est pas un « dressage » et la dominance n’est en réalité qu’un détail de la communication canine, elle n’explique en rien la réactivité sur les congénères.

Pour aller plus loin : Article de chiens des villes  » Mon chien est agressif avec les autres chiens »

Article réalisé et édité par L’Empreinte éducation canine.

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